Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /Nov /2006 21:20

    Le verbe est assassin à l’Assemblée nationale. Les porte-parole des groupes ont fait assaut de piques hier après-midi, lors de la deuxième journée de débat sur le projet de loi de prévention de la délinquance. Ils se sont exprimés devant la cinquantaine de députés présente dans l’hémicycle.

    Le député UDF de Seine-Saint-Denis M. Lagarde a déclaré au ministre de l’Intérieur que « les débats excessifs, les critiques souvent sans rapport avec le texte et les jugements hâtifs sur la situation objective de la délinquance sont plus liés à votre qualité de candidat à l’élection présidentielle (…) qu’au projet de loi que vous présentez. »

    A l’opposé, M. Vaxès, député communiste des Bouches-du-Rhône, a d’abord rappelé que Nicolas Sarkozy n’avait pas assisté à la totalité du débat mardi, avant d’attaquer sur le fait que le ministre « utilise les drames les plus odieux, les plus insupportables et les plus condamnables pour servir son argumentation ». Il a continué en comparant le texte à « une bombe qui explosera au cœur de la République et blessera gravement ses valeurs les plus essentielles ».

   Dans le même sens, M. Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée, a invité M. Sarkozy à « assumer [sa] responsabilité » à propos de l’augmentation des violences sur les personnes. Le député a déploré le discours du ministre sur le laxisme des juges, qui a remis en cause la Justice toute entière. L’estocade est venue du rappel des mots de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense et membre de l’UMP, qui a accusé le numéro deux du gouvernement d’avoir « trop souvent insinué l’idée pernicieuse qu’un jeune était un délinquant en devenir ».

    A son tour, M. Goasguen, député UMP de Paris, est entré dans la bataille, en dénonçant les « procès d’intention » de la gauche. Il a souligné les contradictions du PS dans une allusion explicite à Ségolène Royal, qui recommande l’encadrement militaire des jeunes délinquants. Une mesure ouvertement répressive que la gauche n’admet pas selon lui dans le projet de loi de la droite.

    Finalement, le principal intéressé, M. Sarkozy, a pris le micro pour distribuer, contre toute attente, compliments et remerciements à la ronde. Sans doute une façon de se placer au dessus de la guerre des partis.

 

 

Par constance - Publié dans : mon actu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus