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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /Fév /2007 13:41

La journée portes ouvertes à l’opéra se tient aujourd’hui dans vingt-cinq villes de France. Au programme, diverses activités pour faire découvrir l’opéra et sa modernité au public le plus large possible.

 

 

« Tous à l’Opéra ! » C’est le slogan de la première opération portes ouvertes à l'Opéra. Quatre siècles d’art lyrique, ça se fête ! Dans le cadre des Journées européennes de l’Opéra, qui ont lieu du 16 au 18 février, les salles françaises s’ouvrent aujourd’hui au public dans toutes les grandes villes du pays.

« C’est la première fois que nous organisons une telle opération », explique un responsable de l’évènement.

« Mettre à mal les préjugés sur l’art lyrique », considéré comme élitiste et coûteux, c’est l’un des objectifs de l’évènement. « L’opéra reste un monde un peu mystérieux pour énormément de gens, » confirme Pierre Médecin, président de la Chambre professionnelle des directeurs d’opéras. Ancien directeur de l’Opéra-Comique, il s’est souvent vu présenter à des dîners comme un « spécimen » rare du fait de son métier original.

Seul 3% de la population française se sent concerné par les spectacles lyriques. La maison de disques EMI est satisfaite lorsqu’un disque d’opéra se vend à 5000 exemplaires (contre un million pour un chanteur populaire comme Raphaël). Seuls quelques artistes dépassent ce chiffre. Le dernier récital de la diva française Natalie Dessay, très présente dans les médias, s’est vendu à 150 000 exemplaires. La tentative de certains chanteurs, qui essaient de mixer airs d’opéras et chansons populaires, comme Florent Pagny avec Caruso et Roberto Alagna avec Luis Mariano (plus de 400 000 exemplaires) rencontre un joli succès.

 Malgré cela, l’art lyrique garde une image « stéréotypée ». Car les clichés ont la vie dure : « La Castafiore de 120 kg qui déclare son amour à un ténor de 150 kg », ça n’existe plus, constate Pierre Médecin. Aujourd’hui, les chanteurs lyriques ont des allures de « jeunes premiers », à l’image de Natalie Dessay, marraine de l’opération.

Malgré ces accusations d’élitisme, l’opéra ne se porte pas si mal. Pour la saison 2005-2006, l’Opéra national de Paris a accueilli plus de 750 000 spectateurs, et affiche un taux de remplissage de 95%. Les recettes liées à la billetterie (43,5 millions €) ont atteint un niveau record.

 

« Un art éminemment populaire »

 

 

La journée « tous à l’Opéra » se décline sous la forme de différentes manifestations : visites guidées des coulisses, ateliers de chant, de création de costumes ou de décors, projections de films ou encore répétitions publiques.

Les enfants n’ont pas été oubliés : à Bastille, des représentations spéciales « jeune public » seront données, et certaines villes, comme Reims, Rennes ou Tours, organisent des jeux de piste dans les coulisses.

À Paris, on insiste sur la nécessité de préparer le « public de demain », car les jeunes qui ont vu des spectacles lyriques dans leur enfance ont plus de chances d’y revenir plus tard que ceux qui n’y sont jamais allés.

Les efforts pour attirer les jeunes sont manifestes. Depuis quelques années, les salles mettent en place des tarifs préférentiels pour les étudiants. À Strasbourg, la « carte culture » (6,5 €) permet aux moins de 25 ans d’aller voir des spectacles de qualité, comme Das Rheingold de Wagner, pour 5,5 €.

Comme le souligne Nicholas Payne, directeur d’Opera Europa, organisation qui regroupe des compagnies professionnelles en Europe, « au 21e siècle, l’opéra doit entrer en concurrence avec des loisirs de plus en plus variés ».

 

Rajeunir l’image de l’opéra passe par l’utilisation de nouveaux supports comme la télévision, jusqu’alors très imperméable à cet art, et de nouvelles technologies. Les mises en scène contemporaines et la présence de jeunes artistes sur scène sont essentielles pour dépoussiérer un genre parfois considéré comme archaïque.

Les Parisiens pourront malgré tout regretter que le Palais Garnier ne participe pas à l’opération. Ses portes resteront closes car Charles Aznavour occupera inopinément la scène ce soir lors d’un concert au profit de l’Arménie.

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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /Jan /2007 19:31
« On continue ». À côté de ces mots, sur la banderole accrochée au balcon de la maison qui fut jadis la sienne, la silhouette noire de l’abbé Pierre, parée de sa canne et de son incontournable béret, se détache sur fond blanc. La communauté Emmaüs de Neuilly-Plaisance pleure son fondateur, décédé lundi dernier à l’âge de 94 ans, mais n’oublie pas sa vocation à secourir les plus démunis.
 
Ici, la tristesse est pudique, cachée derrière une activité incessante. « C’est pas une colonie de vacances », souligne Eric, un grand costaud avec bouc et catogan. L’ambiance reste malgré tout conviviale. Lors de la pause casse-croûte de 9h30, entre un café et une cigarette, les compagnons préfèrent se souvenir des bons moments avec « le père », comme ils l’appellent avec un respect affectueux. Tarik, un maghrébin volubile d’une trentaine d’années, montre fièrement la photo, fixée sur le mur, d’une partie de la communauté avec l’abbé, prise lors d’une visite chez lui à Alfortville, en août 2006. Dans la salle enfumée, les hommes se saluent et s’interpellent, mais n’oublient pas le travail. « Je t’ai rapporté deux beaux canapés », lance Cyril à Tarik.
 
Depuis 7 heures du matin, les quatre camions de la communauté se rendent chez les particuliers qui l’ont demandé pour récupérer les objets encombrants. « On traite deux millions de personnes, dans Paris intra et extra muros », explique Eric.
 
La maison-mère de l’association Emmaüs, fondée en 1949 par l’abbé Pierre lui-même, est bien organisée. Et ceci grâce aux 35 compagnons qui la font vivre dans « l’esprit de l’abbé », selon Tarik.
Le ballet des camions rythme la journée. À leur retour, ils sont déchargés sur le « quai », une sorte d’entrepôt où s’entassent pêle-mêle des ordinateurs, des jouets pour enfants, des chaises et tout un bric-à-brac d’objets plus ou moins coûteux.
 
Après un tri rigoureux, ceux-ci sont transportés vers les différents magasins, dont le plus prestigieux est le magasin 1, le « haut de gamme ». À l’intérieur, une vraie caverne d’Ali Baba : vaisselle en porcelaine peinte, verres en cristal, commodes anciennes avec plateaux en marbre, et même un coin pianos, dont le clou est un Pleyel en bois âgé de plus de 100 ans, à acquérir pour la bagatelle de 7 800 €. « C’est un musicien qui nous l’a donné, » déclare Dominique, le « patron » du magasin 1, un cigare à la bouche. Perché sur ses béquilles, il sautille d’un bout à l’autre de la salle, surveillant les allées et venues de Yassine et Cyril, qui transportent une armoire en provenance directe du « quai ».
 
« Ça continuera, j’en suis sûr »
 
Tout doit être près pour la vente, qui a lieu tous les après-midi. Et celle-ci est un succès. À 14 heures, malgré la température polaire, une cinquantaine de personnes attendent tranquillement devant les barrières de fortune qui protègent l’accès aux salles de vente. Dès l’ouverture, les premiers se ruent vers les entrepôts pour dénicher les bonnes affaires, comme lors du premier jour des soldes. A peine arrivés, certains repartent déjà. « Je n’ai rien acheté, je vais faire l’ouverture du magasin Emmaüs de Neuilly-sur-Marne, qui est juste à côté, » déclare un brocanteur.
 
Pour beaucoup, la vente à Emmaüs est devenue une occasion de promenade, ce qui ne les empêche pas de repartir avec des sacs bien remplis. « En 1954, on venait déjà quand l’abbé disait la messe ici, » souligne un couple de retraités avec nostalgie.
 
Le côté sympathique et proche des gens, c’est aussi l’une des raisons du succès. Dans la salle des livres et disques, Jean-Pierre, l’un des plus anciens compagnons, accueille la plupart des clients avec une poignée de main et quelques paroles amicales, mais l’ambiance est feutrée. Les clients déambulent entre les rayons et discutent à voix basse.
 
Michel Tessier, un sexagénaire qui connaît Emmaüs depuis ses 14 ans, vient à la communauté à chaque fois qu’il passe chez son fils, habitant de Neuilly-Plaisance. « J’aime feuilleter les vieux livres. J’ai trouvé quelque chose de très intéressant sur la jeunesse de Michelet, mais je n’achète pas beaucoup. » Il repartira finalement avec trois livres.
 
Pour Jean-Pierre, il est impossible de quitter Emmaüs, sans doute à cause de cette atmosphère familiale. « Je suis arrivé à Neuilly-Plaisance le 11 septembre 1986. On se dit qu’on va rester ici, le temps de voir venir, et puis aujourd’hui on regarde toujours le temps passer ». Discret sur sa vie privée, l’homme à la longue barbe poivre et sel refuse d’évoquer son passé.
 
Aucun des compagnons n’a été épargné par la vie, à l’image d’Eric, qui a dû se résigner à venir à Emmaüs pour éviter la rue. D’abord accueilli dans un centre de Valence, il a souhaité ensuite se rapprocher de la première communauté. « On ne fait pas le choix d’arriver à Emmaüs, mais on fait le choix d’y rester, » affirme-t-il. Ce choix, beaucoup l’ont fait, car la communauté est une petite famille qui offre à ces hommes meurtris plus qu’ils ne peuvent l’exprimer. « Ici, il y a une vraie solidarité. Ça nous apporte une vision de la vie différente, on est redevenu humain, » confirme Tarik.
 
Les compagnons sont soutenus au quotidien par une vingtaine de bénévoles. Dans la salle « vaissellerie », Denise et Lulu, deux « anciennes », surveillent la marchandise, assises sur un petit radiateur qui peine à réchauffer la pièce glaciale. Devant elles s’entassent des piles de pots, tasses et plats de toutes formes. De grands éviers débordent d’un fouillis de casseroles et de poêles. Un peu partout, des passoires accrochées aux poutres surplombent les flâneurs. Chaque objet au prix dérisoire de 1 €.
 
« L’abbé est l’un des rares religieux à avoir fondé une association laïque, c’est ce qui m’a plu, » lance Denise. Présente depuis 1986, elle a peu à peu recruté ses amies retraitées comme bénévoles. « Au début, ça nous faisait sortir, on avait un but », raconte Lulu. Puis des liens se sont vite noués avec les compagnons. « Le jour où vous vous faites engueuler, c’est que vous êtes accepté, » conclue-t-elle avec humour. Désormais on ne peut plus les faire partir de la communauté, au grand désespoir de leur famille.
 
Pas d’inquiétudes donc, pour l’avenir de l’association. « Nul n’est immortel. Il y a longtemps que l’abbé n’était plus présent dans les instances dirigeantes, » affirme Jean-Pierre. Les compagnons continueront le travail malgré son absence.
 
Sur le portail de la communauté, un panneau rédigé à la main annonce : « Vendredi, communauté fermée pour cause de départ en vacances prolongées de l’abbé Pierre ». Aujourd’hui, à la messe d’enterrement du religieux préféré des Français, les premiers rangs de la cathédrale Notre-Dame de Paris étaient réservés aux compagnons d’Emmaüs. Un hommage auquel peu de membres de la communauté de Neuilly-Plaisance devaient participer, pour maintenir un minimum d’activité dans le centre.
 
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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /Jan /2007 19:15

 Les tours reviennent en force à la Défense. Après l’annonce d’un plan destiné à faire du quartier un « pôle d’excellence » économique, selon les termes de Nicolas Sarkozy, les projets de travaux se multiplient. Plus audacieux, plus environnementaux. Les entreprises rivalisent d’ingéniosité, mais derrière ces apparences clinquantes, le débat sur les tours reste d’actualité.

Aussi haute que la Tour Eiffel, elle sera le symbole du renouveau de la Défense (Hauts-de-Seine). La tour Phare, c’est le projet des plus ambitieux qu’Unibail a confié à l’agence américaine Morphosis fin novembre 2006. Livré en 2012, le bâtiment, dont la construction devrait commencer l’année prochaine, est le point central du plan de relance du quartier d’affaires de l’ouest parisien.

Présenté le 25 juillet 2006 par Nicolas Sarkozy, alors président de l’Etablissement public pour l’aménagement de la Défense (EPAD), ce plan prévoit la rénovation de certaines tours devenues obsolètes. Les salariés d’Axa ont déjà quitté la tour CB 31, qui doit être réhabilitée. Autre volet, la démolition-reconstruction d’immeubles anciens. Enfin, la construction de tours neuves, à hauteur de 300 000 m², est prévue d’ici à 2013.

Ce projet s’inscrit dans un contexte de polémique sur les tours, peu après la crise traversée par la mairie de Paris à propos du nouveau plan local d’urbanisme de la capitale. Bertrand Delanoë souhaitait la reprise de la construction d’immeubles de grandes hauteurs à l’intérieur de la ville, mais une partie de son équipe municipale s’y était violemment opposée. Le débat est désormais rouvert.

Pourtant, le plan de relance semble plutôt consensuel. Dans son discours, Nicolas Sarkozy avait justifié cette décision par la nécessité de « continuer la course en tête, face à des projets comme ceux de City Life à Milan ou Moscou City ». La concurrence internationale fait rage lorsqu’il s’agit d’attirer les grandes entreprises. À la Défense, le constat est sans appel. « En 1995, dix groupes mondiaux étaient implantés sur le site. Aujourd’hui, il n’en reste que trois. Londres attire le quart des implantations d’entreprises en Europe, contre 5% pour l’Ile-de-France », confirme Pauline Starck, chargée des relations presse à l’EPAD.

Jacques Kossowski, maire de Courbevoie, va plus loin. « Sans le plan de relance, c’est la mort de la Défense. » Le quartier d’affaires est en retard sur ses voisins européens, et a perdu beaucoup de son attractivité économique. « Les sièges sociaux s’en vont. Quand une tour se vide, ce sont 3 000 personnes qui partent ».

L’EPAD tente de lutter contre ce phénomène par de nombreux moyens. Pour faire venir les entreprises, il participe à des salons de l’immobilier et se rend dans les grandes villes européennes pour démarcher les sociétés, explique Pauline Starck. Des avantages financiers sont offerts aux propriétaires et aux maîtres d’ouvrages.

« Des gestes architecturaux remarquables »

Plusieurs grands chantiers sont déjà en route, comme celui de la tour Granite sur le secteur de Nanterre, pour la Société Générale, et la T1, sur Courbevoie, pour le groupe Colony Capital. Mais ces tours dernière génération n’ont rien en commun avec leurs prédécesseurs. La recherche du design est désormais un impératif pour les entreprises, qui font souvent appel à des architectes reconnus. « Aujourd’hui, les entreprises sont moins frileuses sur les formes, » constate un architecte de chez Valode et Pistre, l’agence française à la mode, qui travaille sur le chantier de la T1.

Anne Nguyen, de l’agence de communication d’Unibail, définit la future tour Phare comme « un emblème sur le plan architectural ». Ses formes courbes devraient trancher avec tous les bâtiments déjà présents. Dans un autre style, la tour Générali, avec ses cinq pics dressés vers le ciel, mettra une touche gothique dans le paysage urbain. À la Société Générale, Catherine Berthier explique que le choix de Christian de Portzamparc, titulaire de la chaire « création artistique » au Collège de France, pour construire la tour Granite, « n’est pas un hasard ». « Une grande signature architecturale est toujours plus intéressante commercialement », c’est pourquoi l’entreprise en a fait une ligne de conduite pour chacun de ses immeubles.

À cette volonté d’esthétique s’ajoute un désir de protection de l’environnement. Anne Nguyen affirme que la tour d’Unibail respectera « les impératifs du développement durable ». Les architectes réalisent désormais des tours économes en énergie grâce aux nouvelles technologies. Les entreprises mettent en avant le label HQE (haute qualité environnementale) qui réglemente la construction dans une optique plus écologique. Catherine Berthier le définit comme « une démarche citoyenne » pour la Société Générale.

À un niveau plus large, Bernard Bled, directeur général de l’EPAD, voudrait organiser à la Défense un rendez-vous mondial des quartiers d’affaires, à l’automne 2007, pour mettre en place une charte commune de protection de l’environnement.

Pourtant, certains ne sont pas dupes de cet engouement pour l’environnement. Plusieurs agences d’architectes prévoient des turbines éoliennes pour couronner leurs tours. C’est le cas entre autres de Valode et Pistre, mais l’un de leurs architectes qualifie ce projet d’ « utopique ». « Une tour écologique, c’est un non-sens », assène-t-il. Prétendre cela, « c’est une image, c’est de la pure communication ».

Et cette communication a un prix non négligeable, puisqu’elle majore les coûts de construction de 10 à 20%. Pour la tour Phare, Unibail devra donc débourser plus de 800 000 €.

Vivre en harmonie avec son environnement

Ces nouvelles préoccupations mettent en lumière un point essentiel, l’intégration de la tour dans le paysage urbain. Si les Parisiens y sont aussi réticents, c’est en grande partie dû à l’échec de la tour Montparnasse. « La tour entretient un dialogue avec la ville, elle ne doit pas être un obstacle, » affirme-t-on chez Valode et Pistre. Les surfaces vitrées, très utilisées aujourd’hui, sont des reflets de la ville. Ce n’est pas l’avis de certains riverains. « Ce n’est pas beau, » soupire M. Chaix, retraité habitant non loin du chantier de la tour T1. « Ils mettent du moderne dans un quartier où les maisons sont vieilles ».

Le ras-le-bol vient surtout de la concentration des tours. Elles sont un gain d’espace au sol non négligeable, mais trop, c’est trop. « C’est serré. Avant, de notre fenêtre, on avait une petite échappée vers Argenteuil. Mais maintenant, on ne voit plus rien, » confient M. et Mme Pelatan, un couple d’enseignants de Nanterre. « Ça pousse comme des champignons », constate Brahim, épicier dans le quartier Valmy. L’image est bien trouvée. Au rythme d’un étage par semaine, les actuelles tours en construction grandissent à vue d’œil.

La concentration, c’est aussi ce que reproche la municipalité de Nanterre, dont le maire, Patrick Jarry, a été le seul à s’opposer au plan de relance. Le premier problème, c’est que cela contribue à « renforcer les déséquilibres de la région Ile-de-France au niveau économique », explique Thierry Desfresnes, collaborateur de la mairie. Il pointe aussi du doigt la « cohésion sociale », oubliée par les pouvoirs publics. La Défense continue de grandir et d’attirer de nouveaux salariés, mais les transports en commun sont « saturés ». Le manque de logements devient critique : le quartier accueille 150 000 salariés mais seulement 20 000 habitants. Le paradoxe se prolonge dans le secteur de l’emploi. Le site est « un territoire de pointe économiquement », mais entouré de secteurs en « déshérence totale ».

Pour arriver à cette cohésion, il est nécessaire d’humaniser le quartier. « Il n’est pas admissible que la vie s’arrête à 20h à la Défense », lance Jacques Kossowski. Les habitants regrettent ce phénomène de désertification. « Le dimanche, il n’y a personne, c’est désolant, » se plaignent M. et Mme Pelatan. L’EPAD y répond par la mise en place d’activités évènementielles, mais aucune mesure de fond ne semble prise pour contrer ce processus.

Finalement, la Défense revient dans la course à la compétitivité économique. Londres et Milan n’ont qu’à bien se tenir, mais les habitants, eux, peuvent rester fatalistes.

 

Encadré : La Défense au conditionnel

Imaginez une tour de plus de 700 m de haut, en forme de fusée longiligne maintenue par trois pieds, qui aurait servi d’antenne de télévision à 250 km à la ronde. C’était le projet insensé que l’architecte belge Polak avait conçu pour la Défense dans les années 60.

Depuis sa création en 1958, le site a cristallisé les rêves architecturaux les plus ambitieux. Avant 1983 et la construction de la Grande Arche, des idées folles voient le jour, pour trouver le bâtiment qui prolongera l’Axe Historique formé par la place de la Concorde, les Champs-Élysées et l’Arc de Triomphe.

En 1964, la tour Lumière cybernétique du sculpteur Schöffer est évoquée. Deux mille projecteurs de grande puissance et autant de flashes auraient dû illuminer le ciel parisien, les faisceaux et les couleurs changeant en fonction des tendances de la Bourse, de la météo ou des embouteillages.

Six ans plus tard, le sino-américain Peï lance l’idée d’une grande tour en Diapason, en forme de V et de 210 m de haut.

En 1971, Emile Aillaud propose de fermer l’axe par deux immeubles concaves de 300 m de long sur 70 m de haut. Leur face interne serait composée de miroirs paraboliques, l’un argenté et l’autre noir, pour offrir à la ville une double image d’elle-même.

Tous ces projets seront finalement abandonnés.

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Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /Nov /2006 21:20

    Le verbe est assassin à l’Assemblée nationale. Les porte-parole des groupes ont fait assaut de piques hier après-midi, lors de la deuxième journée de débat sur le projet de loi de prévention de la délinquance. Ils se sont exprimés devant la cinquantaine de députés présente dans l’hémicycle.

    Le député UDF de Seine-Saint-Denis M. Lagarde a déclaré au ministre de l’Intérieur que « les débats excessifs, les critiques souvent sans rapport avec le texte et les jugements hâtifs sur la situation objective de la délinquance sont plus liés à votre qualité de candidat à l’élection présidentielle (…) qu’au projet de loi que vous présentez. »

    A l’opposé, M. Vaxès, député communiste des Bouches-du-Rhône, a d’abord rappelé que Nicolas Sarkozy n’avait pas assisté à la totalité du débat mardi, avant d’attaquer sur le fait que le ministre « utilise les drames les plus odieux, les plus insupportables et les plus condamnables pour servir son argumentation ». Il a continué en comparant le texte à « une bombe qui explosera au cœur de la République et blessera gravement ses valeurs les plus essentielles ».

   Dans le même sens, M. Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée, a invité M. Sarkozy à « assumer [sa] responsabilité » à propos de l’augmentation des violences sur les personnes. Le député a déploré le discours du ministre sur le laxisme des juges, qui a remis en cause la Justice toute entière. L’estocade est venue du rappel des mots de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense et membre de l’UMP, qui a accusé le numéro deux du gouvernement d’avoir « trop souvent insinué l’idée pernicieuse qu’un jeune était un délinquant en devenir ».

    A son tour, M. Goasguen, député UMP de Paris, est entré dans la bataille, en dénonçant les « procès d’intention » de la gauche. Il a souligné les contradictions du PS dans une allusion explicite à Ségolène Royal, qui recommande l’encadrement militaire des jeunes délinquants. Une mesure ouvertement répressive que la gauche n’admet pas selon lui dans le projet de loi de la droite.

    Finalement, le principal intéressé, M. Sarkozy, a pris le micro pour distribuer, contre toute attente, compliments et remerciements à la ronde. Sans doute une façon de se placer au dessus de la guerre des partis.

 

 

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